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Publié par le 8 mai, 2015 | 0 commentaire

Anorexique depuis plus de 35 ans

Anorexique depuis plus de 35 ans

Anorexique depuis plus de 35 ans

Je suis une Artiste peintre autodidacte et l’auteur du livre intitulé « Ce qui ne tue pas rend plus fort ». J’ai décidé de raconter ma vie faite de hauts et de bas pour accompagner les messages qui sont véhiculés par mes œuvres.

Depuis l’âge de 14 ans, cette terrible maladie mentale me fait connaître toutes sortes d’horreur. Aujourd’hui, je me suis mise à nu en dévoilant les dessous de ma maladie mentale. Je sais qu’au-delà de la peur et de la honte, il y a heureusement la découverte de l’amour de soi. Notre vie nous appartient tout autant que notre bonheur.

Au début, j’étais dans le dénie total, je pensais que tout le monde me jalousait parce que je réussissais à être mince et pas eux. Je suis devenue anorexique pour m’opposer à mes parents, pour qui la nourriture était très importante. Contrôler mon poids me permettait d’avoir un certain pouvoir sur leur emprise. On voulait faire de moi un médecin alors que la fibre artistique m’animait depuis toujours. Depuis la parution de mon livre, j’ai réussi à pardonner à mes parents et j’ai alors compris que par le choix d’éduction qu’ils m’ont donné, ils voulaient seulement mon bien. De leur coté, ils ont compris que l’anorexie est une grave maladie dont je n’ai pas le contrôle. J’ai passé par des moments atroces, à la limite du suicide, mais ayant des enfants, je ne pouvais pas leur faire ça.

Même si ma douleur était forte, elle ne l’était pas suffisamment, en comparaison de celle que j’allais leur infliger si je m’enlevais la vie. Avec un mari à mes cotés depuis 30 ans, j’ai commencé doucement à me rendre la vie moins difficile et à accepter que je n’étais et ne serais pas parfaite. Il m’a encouragé à devenir Artiste peintre et à quitter mes emplois pour me consacrer uniquement à ma passion. Cette décision a eu graduellement un rôle majeur dans mon rétablissement.

Maintenant, avec de la médication (Concerta), je suis moins anxieuse et capable de gérer des situations incontrôlables. Certains jours sont plus difficiles que d’autres mais mes 3 garçons, mon mari et mon Art me donnent les forces nécessaires pour me battre et repousser les pensées négatives que l’anorexie envoie dans mon cerveau. Le plus important pour moi actuellement, c’est d’en parler ouvertement et d’aider les parents et leurs enfants qui souffrent en silence. Il n’y a pas de honte à avouer que l’on souffre d’une maladie mentale, pas plus que d’avoir le cancer ou souffrir de dépression. Le corps et le cerveau font parti de nous et nous n’avons pas le pouvoir d’auto guérison.

Aujourd’hui, à 50 ans, je ne vois plus cette maladie de la même façon. Tout d’abord, il faut savoir que ce n’est pas un choix de vie comme certains semblent le croire. Je ne choisis pas de me mettre au régime pour ressembler aux belles filles des magazines de mode, pas plus que je ne choisis de me priver de manger ou de faire des heures et des heures de sports pour brûler des calories. Je suis prisonnière de cette addiction qui est de rester dans un corps minuscule et le moins féminin possible. Je ne veux pas de sein, ni de fesse, pour ne pas être regardé comme un morceau de viande que l’on désire.

L’anorexie est, avant tout, un manque de confiance en soi. En contrôlant mon corps, ça me donne l’impression de contrôler ma vie. Avoir le corps d’un enfant, c’est aussi une façon de minimiser les responsabilités qu’une femme et mère, se doit d’affronter. Même si je comprends que ce raisonnement est illogique, je n’arrive toutefois pas à m’en défaire, mais depuis 2 ans j’ai beaucoup moins d’angoisse.

Suite à une hospitalisation, il y a plusieurs années, ma vie a changé. Mon corps est redevenu fonctionnel, mais ma tête ne l’était pas encore, je crois que c’est un très long processus et qu’il faut laisser le temps faire son oeuvre. Je sais que je devrais être morte selon les statistiques, mais à la place de ça, je me suis redécouverte en faisant des recherches sur les sources de l’anorexie.

Discuter avec des psychologues, psychiatres et autres spécialistes, ça fait du bien, mais ce qui est encore mieux c’est d’en parler à d’autres qui vivent la même situation que nous. Avec mon livre, plusieurs personnes se sont tournées vers moi pour avoir des conseils et pour moi, aider les autres m’aide tout autant. C’est souvent à travers les yeux des autres que l’on se voit tel que nous sommes.

Jours après jours, je vais de mieux en mieux dans ma tête, mais mon corps, privé de nourriture depuis plus de 35 ans, ne suis pas toujours. Cependant, l’important pour moi c’est d’être vivante, active, et présente auprès de ma famille. Le poids finalement c’est secondaire! Plusieurs personnes qui me croisent, trouvent que je suis rayonnante (même si je ne pèse que 90 livres)

Et puis, être normal, qu’est-ce que ça signifie au juste? Est-ce que l’appartenance à une société nous oblige à ressembler à tout et chacun? Si vous voulez comprendre pourquoi on doit s’accepter soi-même et se faire aimer tel que l’on est, mon livre saura gagner votre coeur. Pour moi, l’anorexie, comme plusieurs autres maladies mentales, est la résultante d’un mal de vivre omniprésent. Conscients de notre souffrance, nous finissons par l’accepter, car elle fait partie de notre quotidien.  Cette détresse nous empêche de vivre au présent, de jouir de la vie et de la compagnie des autres.

J’ai compris que s’aimer soi-même est vraiment la base de tout. J’ai tellement gaspillé des milliers d’heures et de dollars à consulter des spécialistes, croyant qu’ils pourraient m’aider à guérir de l’anorexie. Ils ont analysé mon passé au lieu de comprendre mon présent et de me donner des conseils en vue de l’avenir.

J’ai accepté d’écrire ce livre pour éviter à d’autres de faire les mêmes erreurs et ça m’a aussi permis de comprendre pourquoi je suis anorexique. Maintenant, je prends une journée à la fois et je me considère extrêmement chanceuse d’être encore en vie. Je souhaite que tous ceux qui souffrent brise leur silence, car personne ne choisi d’être malade, physiquement ou mentalement.

« C’est la peinture qui me permet de survivre, elle me conduit à la conquête du monde »

Témoignage de: Veronikah Grauby
Auteure et artiste peintre

ENFIN heureuse!
www.veronikah.com
vero@veronikah.com
http://www.veronikah.com/fr/bijoux-pendentifs-par-veronikah.php

 

www.mordredanslavie.com

 

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