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Publié par le 8 Oct, 2016 | 2 commentaires

Suite du Témoignage de A2T…Début du traitement -4

Suite du Témoignage de A2T…Début du traitement -4

Lorsque je suis sortie de l’hôpital, le jour du grand effondrement de moi-même, j’étais vidée. Je n’avais pas dormi depuis plusieurs jours; je mangeais lorsque mon cœur me laissait tranquille et j’avais le moral au plus bas du plus bas.

Mon marathon n’était pas terminé. Je devais encore affronter mon employeur et me rendre à la pharmacie. J’essayais de voir clair, de me dire haut et fort que tout allait bien se passer et ne pas pleurer et me rouler en boule par terre. Je devais clore toutes ces rencontres avant de craquer émotivement et physiquement (car oui, la douleur est physique: courbatures, maux de tête, étourdissements, reflux gastrique, maux de cœur, etc). J’y suis allée au plus court: remise du billet médical, brèves explications de la raison du comment: c’est-à-dire je suis épuisée, j’ai besoin de repos. Retour dans la voiture, trajet jusqu’à la pharmacie et reprise du même scénario. Remise du billet, attendre son tour, payer et partir.

Arrivée à la maison, j’ai pris l’une des pilules prescrite —Ativan: pour dormir et se calmer les nerfs et j’ai sombré dans l’une des plus grosse sieste de toute ma vie: 6 heures. On ne se rend pas compte à quel point dormir est important jusqu’à ce qu’on ne dorme plus! On est comme un robot, on saute des petits détails de la vie de tous les jours: manger des fruits et légumes, faire le ménage, se laver. On arrête de s’arranger; on s’habille en mou et on pense tout le temps à dormir. On arrête d’être soi-même. On est une ombre. Un spectateur.

Et le marathon continue le jour suivant: téléphones pour annuler les tâches à l’agenda de ma vie, qui me demandent trop, qui sont trop ambitieuses ou trop amusantes (car je n’aie plus envie de rien)! J’inquiète alors mes proches puisque la super-femme que j’étais devait être forte, n’arrêtait jamais ou très peu, était souriante en permanence, courtoise, remplie de créativité, de projets ambitieux et de sujets de conversations diversifiés, s’entraînait deux fois par semaine.

STOP! Ça suffit!

J’ai besoin d’Air (avec un grand A)!

J’ai besoin d’arrêter!

Je n’ai plus envie de travailler 6 jours sur 7. Je n’ai plus envie d’être réglée au quart de tour. Je n’ai plus envie de remettre les projets à plus tard. Je veux vivre pour moi, maintenant et choisir de m’aimer à nouveau. Je suis brisée, j’ai besoin d’aide. Si je ne fais rien, j’ai bien peur que sa me soit fatal.

Je garde espoir en me disant que j’ai des moyens concrets: des médicaments, une thérapie à suivre et un congé à prendre aussi longtemps que cela sera nécessaire. Mais au fond, je meurs de peur.

C’est là que commence mon combat contre l’anxiété. Parce qu’avant de comprendre que je suis plus forte qu’elle; elle réussit à m’envoyer au tapis et je me retrouve à l’hôpital.

***

Je n’avais pas ressenti l’urgence de changer les choses jusqu’à ce que mon corps m’envoie un message vraiment puissant: le black out. Ce soir-là, j’ai ressenti une énorme douleur à la poitrine (tellement forte que mon corps s’est coupé, mon cerveau a arrêté d’enregistrer ce que je vivait pendant une période d’environ 30 minutes) et je me suis sentie devenir tellement molle (comme une guenille) et puis après, plus rien.

Les événements m’ont été racontés par mon conjoint de l’époque, que nous appellerons Albert.

J’étais en larmes, j’avais de gros sanglots, puis tout d’un coup je devenais molle, mes membres tombaient au sol. Je ne parlais pas, mes yeux étaient fermés et je bavais. Je ne répondais plus à aucune question et par moments mon corps se raidissait. Mon chum a donc fait ce que tout premier répondant aurait fait (Albert est un pompier); il a appelé l’ambulance. Les paramédics sont arrivés quelques minutes plus tard. Ils m’ont fait tous les tests d’usage et m’ont ensuite transporté à l’urgence de l’hôpital de ma région (dans mon plus simple appareil, une robe et des bobettes: mon classique pyjama pour sortir dehors à -15 degré Celsius).

***

J’ai repris connaissance à l’urgence, couchée sur la civière, devant moi l’ambulancier (barbu poivre et sel, un visage doux et des yeux apaisants), qui me flattait le cuir chevelu et tentait d’obtenir des réponses claires, quant à mon mal-être gros comme l’univers entier. J’étais branchée de partout: des moniteurs suivaient ma fréquence cardiaque, on avait pris ma glycémie et on surveillait ma tension artérielle. Je tentais de m’exprimer avec des gestes, car j’avais peur que si je parlais, j’allais littéralement vomir mon trop plein. Je me sentais vidée, presque morte, comme si je venais de courir un marathon ou de vivre une semaine entière en à peine une heure.

Le transfert de la civière au lit d’hôpital s’est fait assez rapidement; en fait le cerveau a à peine le temps d’analyser tout ce qui se passe, que déjà on a subi les examens suivants: prise de sang, électrocardiogramme, branchement de soluté, température, etc.

Entre-temps, on a retiré mes vêtements, soit ma toute légère robe (quelle idée j’avais eu, en plein hiver, pas de brassière, en plus!) se fichant (avec professionnalisme quand même) de la pudeur de la patiente en question. Je le sais, c’était pour ma sécurité!

Je devais dire aux infirmières ce qui se passait chez moi pour qu’elles soient capables de m’aider. J’hurle: «J’aurais aimer mieux mourir»!…et j’éclate en sanglots.

Mon cœur pleure et s’exprime par en dedans:

«J’aurais voulu ne plus ressentir cette angoisse constante dans ma poitrine, qui me paralyse, m’empêche de fonctionner normalement, d’aimer la vie comme je devrais l’aimer, d’être une super-femme pour tout ce que sa m’apporte, de manger et d’apprécier vraiment la nourriture, qui me dégoûte et me donne la nausée. J’aimerais arrêter de ressentir cette non-fierté de ma personne d’être rendue aussi bas, d’assister à des moments de mon existence qui sont franchement pénibles et qui semblent durer à chaque jour un peu plus longtemps».

Je dois passer la nuit à l’hôpital sous observation médicale.

Je dois me séparer de la seule personne que j’ai envie de voir, Albert. Ses yeux sont si inquiets, son long fleuve de calme est maintenant rempli de vagues et c’est moi, qui cause ces vagues. Voir mon homme inquiet pour moi, ça fait mal. Voir toute son impuissance et son manque de repères, ça blesse encore plus.

Ma nuit à l’hôpital a été très longue, loin d’être réparatrice.

Je ne réussis pas à trouver la paix au sortir de l’hôpital; je suis sous le choc.

Je viens de vivre ma première crise d’angoisse.

Auteure: A2T
Crédit photo: A2T
……..À suivre la semaine prochaine……vous en aurez encore plus cette fois-ci!

www.mordredanslavie.com

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2 Commentaires

  1. C’est tellement bien écris. Ça explique super bien ce que c’est. On réussis à visualiser. Xxx bravo

    • Et ce qui s’en vient va te plaire. Je crois que les étapes sont importantes pour traverser cette maladie qui touche beaucoup de gens au moment où on s’en attend le moins. Ne manque pas la suite et le dénouement.

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