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Publié par le 29 Oct, 2016 | 0 commentaire

Le voyage de mon petit train (fin)

Le voyage de mon petit train (fin)

Si vous avez suivie les étapes du témoignage de A2T, vous serez ravie de constater qu’il se termine avec une fin heureuse!

Il y a un proverbe chinois qui dit «À force de persévérance, n’importe qui peut parvenir à déplacer une montagne»

Et que dire de cette citation de Khalil Gibran «Nul ne peut attendre l’aube sans passer par le chemin de la nuit»

***

Dans son parcours au travers des montagnes de mon Charlevoix natal, j’aurais voulu que mon petit train n’emprunte pas la route creuse qui passe dans un tunnel sombre et humide. J’aurais voulu qu’il voyage toujours au soleil et non pas, les jours de pluie. J’aurais voulue être guérie, déjà.

Deux mois  /  60 jours  /  1440 heures.

La perfectionniste en moi n’était pas contente. S’était long. Comme dans, j’aurais aimé que ça soit vite. Comme dans, ça suffit là, partez saloperies de bibittes! Mais certains jours, je me sentais triste et déprimée. Je n’avais pas envie de faire grand chose, je voulais dormir, je ne voulais pas m’habiller, ni aller dehors. Je me sentais malheureuse et seule. Je savais pourtant que j’avais quantité de gens autour de moi, mais je me sentais seule.

Je recommençais tranquillement à voir la vie en plusieurs couleurs. Mais le noir, le blanc et le gris étaient encore là. Pas souvent, mais ils revenaient plus souvent que je ne l’aurais voulu.

Je me devais, pour mon moi-même, d’accueillir les journées tristes et pleines de montagnes russes. Facile à dire quand plusieurs belles journées défilent dans ta vie, de bonne humeur, avec énergie et volonté du tout plein. Sauf que lorsqu’une journée grise arrive, tu crois que tu ne t’en sortira jamais. Que tu vas toujours avoir une épée au dessus de la tête pour te rappeler dans quel état tu te trouves: en dépression. Parce que oui, je voulais redevenir normale. Me sentir bien tous les jours. Être de bonne humeur, ne pas faire des colères pour rien, sourire et aller dehors. Mais lors de ces journées grises, même mon amie grand Air, ne me faisait pas envie.

***

Puis le bonheur et le réconfort de la thérapie se faisait sentir. Se questionner, avoir un œil objectif de nos bobos du cœur, c’est tellement bon et pur, ça fait du bien, c’est réparateur.

Je ne devais pas voir la longueur de mon arrêt comme un frein à mon rétablissement. Je devais plutôt me dire que si s’était aussi long, s’était peut-être parce que pendant des années, je n’avais pas pris soin de moi. J’avais reporté la partie estime de soi, respect, confiance et valorisation ou plutôt j’en avait trop accordé aux autres alors il ne m’en restait plus du tout pour moi.

Et puis qui a dit que sa prenait un certain nombre de jours ou d’heures pour venir à bien de se refaire une santé physique et mentale? Qui? Personne! Parce qu’au fond tout le monde est différent. Et juger, par overdose de «self-esteem», c’est se montrer ignorant.

En y repensant, je ne voyais pas pourquoi, moi, petite Andrée-Anne, encore en manque d’amour propre, devrait-elle s’accorder autant de temps? Mais la vie est bien faite. Elle m’a permis d’arrêter, de mettre les freins en urgence avant d’avoir à assister à un véritable naufrage.

Et la guérison s’installa…pour de bon.

Puis un jour, je me suis sentie prête. La tristesse et la noirceur ne me disait plus rien. Je n’avais plus envie de me cacher derrière de vieilles habitudes ou encore de rester dans un coin. Je voulais avancer dans la vie. Être bien avec moi.

Mon physique, lui, allait beaucoup mieux: mon sommeil était réparateur, mon anxiété avait diminuée à un tel point qu’elle était absente la très grande majorité du temps, j’avais développé des techniques pour avoir plus de contrôle sur les sentiments qui montent comme un raz de marée et j’étais de bonne humeur de façon normale et plus égale ( OK!, sauf une semaine par mois; ça c’est normal pour une fille, messieurs ). Il va sans dire que je suis passée par beaucoup de remises en question: le look, le couple, la situation, les choix à venir, les relations autour de moi, l’honnêteté des gens qui m’entourent, tout. Puis tranquillement, doucement et à mon rythme, j’ai fait la paix avec mes petites voies intérieures, dévoreuses du quotidien et saboteuses du bonheur.

J’aime dorénavant la solitude et les moments d’inaction, les choses simples de la vie et les petits bonheurs du quotidien. Je vois plus la vie.

Je lui suis reconnaissante, à la vie, car elle m’a fait un cadeau.

S’aimer soi-même. D’abord et avant tout.

Épilogue

219 jours de noirceur

5256 heures de questionnement, de stress, d’attente, de tristesse

Beaucoup de larmes, de sentiments, de kleenex, d’amour et de ménage…

Pour en arriver à:

31 jours de repos complet: physique, psychologique, sentimental…

744 heures d’ensoleillement (oui, oui ; le retour du beau gros soleil jaune-orange)

Temps de repos requis:  111 jours d’arrêt  /  2664 heures

Une famille, des choix et un nouveau départ…

Des changements émotionnels, professionnels, physiques et surtout psychologiques…

Un retour aux sources, à la simplicité, à l’amour propre.

Bien individuelle comme guérison.

Un parcours en soi.

Une épopée remplie de monstres et de montagnes à gravir.

Et une fin bien unique: le bonheur.

Auteure: A2T
Crédit photo: A2T

www.mordredanslavie.com


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