Menu de catégories

Publié par le 25 Oct, 2017 | 0 commentaire

Le deuxième étage

Le deuxième étage

Dans ce poème, criant de vérité, l’auteure s’est mis dans la peau de celle qui doit quitter trop tôt et trop vite! Il suffit de regarder autour de soi pour voir à quel point il y a beaucoup des personnes en ce moment qui ont des problèmes de santé.

Vous retrouverez dans ce poème, humanité, sensibilité et profondeur…..mais surtout une grande réalité!

Le deuxième étage

Lorsque le cancer s’empare du visage de la jeunesse
Il fout la frousse à tous les regards
Il change le destin et me prive d’une certaine vieillesse
Vos yeux m’évitent sachant qu’il est trop tard

Le médecin a osé me décrire l’inévitable
La mort me guette à deux ou trois pas
Pourtant je n’ai pas de forfait pour cette mascarade
Mais je vais très bien c’est en dedans que ça ne tourne pas

Le mal parcours mes organes sans préavis
Pourquoi moi, je ne suis pas prête
Que vais-je raconter à mes petits
Qu’au firmament les étoiles font la fête

Que maman va dessiner des biscuits sur les nuages
En baissant mes yeux sur leurs saisons
Je puise et cherche le fameux courage
Ma vie s’arrête j’ai reçu une contravention

La terreur m’habite pour ce voyage de seconde classe
Je le redoute, j’ai le mal de l’air
Je n’ai pas humé les pétales de l’été et on me déclasse
Je franchirai cette porte la tête penchée en solitaire

J’ai peur de m’installer au deuxième étage
Car il n’y a pas d’escalier pour la visite
Je ne connais personne de mon âge
Et j’ignore s’il y a une suite

Le mal a eu raison du poison
Je décoiffe ma tête de ses foulards
La science n’a pas pu continuer la potion
Le bon dieu refuse que je veille tard

D’autres mains
Démêleront vos cheveux
D’autres mains
Caresseront mon amoureux
Une autre main
Qui ne sera pas la mienne

Je vous entends m’offrir des miracles
Je subits vos peines et malaises
Comme dans une salle de spectacles
Où les magiciens pirouettes leurs foutaises

Je débarquerai seule, sans valises et babioles
Vous laissant mon image comme un inconsolable passé
Toute pomponnée en beauté installée sur une carriole
Je ne veux pas, non, dites moi qu’ils se sont trompés

Bon, d’accord, mais accompagnez-moi
Tricotez vos doigts sur mes mains
Maquillez mon désarroi
Épelez-moi des refrains

Afin de fabriquer des citations mélodieuses
Dont mes enfants auront besoin
Pour traverser cette vie frileuse
Où on m’interdit d’être témoin

Et lorsque je serai au bout du rouleau
Laissez couler vos larmes comme une rosée
Sur la fatigue de mon combat en lambeau
Et gardez en mémoire mon cœur expiré

Qui a cru jusqu’à la dernière minute
À ce relais pour la résurrection
Malheureusement ma mort se dispute
Le premier rond-point sans rémission

Je dois quitter
Contre ma volonté
Je vous ai aimé
et vous aime

Auteure: Ginette Boisjoli                                                                                                                                                            Texte intégral de Ginette Boisjoli (publié avec sa permission)                                                                                                  Crédit photo: Pixabay

www.mordredanslavie.com

468 ad

Publier une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *